Le cerveau ne s’use que si on ne l’utilise PAS !
En compétition avec le coeur depuis des siècles pour savoir lequel est le siège de l’âme, le cerveau est longtemps resté un mystère complet. Sa complexité est telle que la neurobiologie moderne commence enfin à peine à percer ses mystères. Bien plus qu’un lieu figé de stockage de l’information, c’est l’organe qui connait la plus forte évolution et plasticité au cours de notre vie.
Constitué de milliards de neurones lors de notre naissance, il va en perdre la plus grande partie sans souffrir de baisse de performance, bien au contraire. Ce mystère parmi tant d’autres vient en partie de trouver une explication: les pensées « creusent un sillon » dans la matière grise, d’autant plus « profond » qu’elles se répètent souvent. Ainsi, s’améliorant par la pratique, le cerveau va se délester des chemin neuronaux les moins performants. Ce qui veut aussi dire, hélas, que le cerveau va détruire des capacités cognitives si elles ne sont pas exploitées!
Faire travailler son cerveau est donc la seule façon de le conserver dans un bon état. Plus précisément: la performance et la construction de chaque cerveau est une expérience unique qui dépend de chaque personne. Chacun peut donc décider individuellement de développer certaines facultés en particulier, selon ses besoins: certains auront plutôt besoin de leur mémoire que d’attention selon leur profession.
N’allez cependant pas croire qu’on ne peut pas améliorer ses performances dans plusieurs domaines cognitifs. Bien au contraire, plus le cerveau est stimulé, plus il produira d’hormones favorisant l’apparition de nouvelles connexions neuronales (l’ocytocine et la somatotropine) et donc l’apprentissage.
Voyons un peu les différents exercices à pratiquer pour garder la forme…intellectuellement parlant:
- la mémoire: l’informatisation de notre société a déclenché un engouement pour ne plus chercher à retenir les informations, sachant qu’elles sont accessibles facilement. Qui connait aujourd’hui plus de 10 numéros de téléphone par cœur? De plus, une vieille croyance incite à ne pas surcharger notre mémoire pour retenir des choses inutiles. C’est tout le contraire: le cerveau serait capable de mémoriser des montagnes d’informations, à condition qu’il soit entrainé pour cela. Regardez les acteurs de théâtre; ils connaissent bien souvent les textes de tous les personnages, ce qui équivaut à connaitre un livre entier par cœur, et ils ne jouent pas qu’une seule pièce dans leur vie! Alors pour mieux mémoriser, entraîner vous au quotidien à mémoriser des choses (les listes de courses, les prénoms des gens que vous rencontrer, les stations de métro). Plus vous mémoriserez d’informations, plus votre cerveau saura bien mémoriser!
- L’attention: Savoir soutenir son attention est un facteur de productivité très important. Plusieurs études ont cependant prouvées que l’attention baisse très rapidement: des tranches de travail de 45 minutes sont plus ou moins, selon les individus, le maximum de concentration que l’on peut tenir de façon efficace. On peut bien sûr entraîner son cerveau à se concentrer pour améliorer un peu cette durée, mais le plus efficace est de faire de petites pauses. Celles-ci permettent au cerveau de mémoriser ce qu’il vient d’ingurgiter, et de pouvoir repartir frais et disponible pour la suite.
- La vitesse de réflexion: Le cerveau réagira d’autant plus rapidement à une commande qu’il est habitué à la réaliser. Il mettra en place de petites séquences automatiques pour les tâches répétitives. S’entrainer grâce à des exercices adaptés permet d’accroître votre niveau de performance.
- Compétences verbales et numériques: Nous savons tous compter et parler. Cependant, combien de fois par jour cherchons-nous un mot précis sans pouvoir le retrouver tout de suite? Retrouver un mot particulier dans notre bibliothèque de vocabulaire, faire un calcul compliqué de tête, trouver des synonymes facilement sont autant d’exercices auxquels nous ne nous entraînons que rarement. Aidés par la technique (calculatrice, correcteurs d’orthographe, etc.), nous mettons en veille des capacités cognitives très importantes que le cerveau va détruire, faute d’utilité. Avec l’allongement de la durée de vie, et l’épidémie de maladie d’Alzheimer, fortifier ses compétences numériques et verbales est un investissement à long terme dont les bienfaits se font sentir très rapidement.
En définitive, le cerveau est un peu comme un muscle, à la différence qu’il « grossit » de l’intérieur. L’entraîner régulièrement revient à lui assurer une meilleure efficacité et espérance de vie. Vous trouverez des exercices adaptés à vos besoins dans plusieurs livres (cf. bibliothèque) ou encore en ligne, certains sites proposant des programmes spécifiques créés par des neurobiologistes ne vous prenant que quelques minutes par jour!


envoi en cours...